Merci à Richard Santos pour la traduction.

Plus nous approchons d’Allassac, plus nous sommes ravis par le paysage pittoresque. Les collines en pente couvertes de vignes en lignes longues et droites ressemblent à des feuilles de musique sans notes. La rivière « La Vézère » suit son cours sinueux dans la vallée avant de se jeter dans La Dordogne. Le petit hameau « La Jugie » se trouve au pied des collines. Il dépend du village historique de « Le Saillant » qui lui-même fait partie d’Allassac. Tout de suite nous trouvons la cave viticole « La cave des côteaux de La Vézère ». Nous sommes accueillis par un monsieur qui, gentiment et patiemment, prend le temps de répondre à nos questions. Eh bien nous avons des questions ! La première, très importante : Quelle est la situation de la viticulture en Corrèze ?

Ce n’est pas par miracle que les visiteurs de cette région ne s’intéressent pas directement aux vignobles, vignes et caves remplis de bonnes bouteilles. Le vacancier s’amuse plutôt à découvrir la nature, les bâtiments historiques et tous les avantages relaxants d’un moment à la campagne. Pourtant l’histoire de la viticulture en Corrèze, depuis le début, est intéressante. Nous écoutons avec plaisir, devant la cave en plein soleil avec les collines et les vignes devant nous, les explications de notre charmant hôte.

« Bien sûr que nous avons toujours eu des vignes », rit-il. C’est vrai. Déjà les Romains en ont plantées après leur arrivée.

C’est surprenant de savoir que pendant le moyen âge, la moitié de la Corrèze était occupée par la viticulture. Spécialement dans les contrées favorables comme le « Bassin de Brive » qui avait un climat excellent pour les vignes. Chaque famille d’importance cultivait son propre raisin. Les moines dans les nombreux monastères de cette époque ont entretenu de nombreux hectares de vignes pour fournir le vin de messe et le vin de table. Tous les petits paysans, propriétaires d’une parcelle bien abritée et ensoleillée se mettaient en même temps à table pour leurs repas en buvant leur propre vin, sauf qu’ils le mélangeaient avec une goutte d’eau… Dans la culture française le vin a toujours eu une place sacrée.

Le malheur arriva bien après le moyen âge autour de 1880. Des hivers extrêmement rudes ont ravagé le pays en détruisant une grande partie des vignes. Un peu plus tard L’oïdium attaqua les feuilles et les raisins des vignes et pour finir c’était le phylloxera arrêta brusquement la vie des vignobles. Pas seulement en France la misère était terrible. Dans tous les pays de l’Europe soixante-dix pour cent des vignobles furent détruits. Une période de grand silence autour du raisin commença. La terre avait besoin de récupérer ainsi que les viticulteurs qui cherchaient des solutions.

Il y a trente ans une nouvelle génération de vignerons, enthousiastes pour les vignes se réunirent pour un nouveau départ. Lentement, intelligemment, avec précaution la terre fut travaillée, les vignes plantées. Aussi dans « le Bassin de Brive » une autre vie commença. Autour d’Allassac, dans le nord du Bassin, la présence d’ardoise cachée dans la terre donne un accent au raisin qui se retrouve dans le vin. « La cave des côteaux de la Vézère » naquit en 2002. La gamme de ses vins a obtenu plusieurs médailles et spécialement « Les Périères » est connu pour son goût excellent. Un bon vin avec un caractère particulier. Aujourd’hui en Corrèze plusieurs viticulteurs existent et plusieurs caves proposent des bonnes bouteilles. Ils travaillent avec respect pour la nature, pour les vignes et pour leur clientèle. Chaque territoire viticole possède sa propre composition de terre et de climat qui donne au vin un parfum et un goût authentique. La viticulture en Corrèze est bien vivante.

Avant de dire au revoir, un petit verre nous est offert. Pour goûter. C’est vrai. Ce vin mérite sa médaille à cent pour cent, il danse en bouche…

Et maintenant un petit morceau de fromage ! Tant que nous sommes là une visite à la fromagerie « La ferme de la Prade » quelques kilomètres plus loin nous semble une bonne idée. Dans un paysage vallonné nous trouvons la ferme au milieu d’une oasis des prés. Même si la vie en campagne ne nous est pas inconnue il y a toujours de l’émerveillement pour l’atmosphère de silence et de calme qui varie selon chaque coin de la Corrèze. Tous les petits endroits ont leur charme. Ce n’est pas du tout un miracle si les vacanciers plongent dans ce bain relaxant. Nous garons la voiture à côté d’un large bâtiment partagé en deux. A droite, des vaches nous regardent derrière leurs barrières en fer en ruminant de l’herbe sèche. De l’autre côté, derrière la vitrine du magasin une fille aux cheveux bouclés, vêtue d’un tablier blanc et d’une casquette en plastique sur la tête nous regarde en souriant. Derrière elle nous voyons une grande fenêtre laissant voir le matériel brillant de l’atelier où le fromage est fabriqué. Nous apercevons un grand assortiment de fromage blanc, de yaourts, de crèmes, de beurre jaune comme le soleil et toutes sortes de fromage. Impossible de choisir. Heureusement, nous savons bien quoi prendre. Nous avons entendu parler de la tomme d’ardoisiers. On va goûter cela. Déjà pour le nom typique.

****Imaginez pour un instant ! Les années 1700. Les hommes qui travaillaient un peu plus loin dans « Les Pans de Travassac » se rassemblaient le matin pour leur casse-croûte. Noirs et sales après le travail ils s’asseyaient sur une pile d’ardoises en cherchant dans leurs sacs un bout de baguette et un bon morceau de tomme d’ardoisiers. Pour faire passer cela, peut- être ont-ils bu le vin du voisin ?****

Malheureusement cette image romantique est tuée dans le bourgeon. La fille sous son petit toit en plastique raconte fièrement que la tomme d’ardoisier n’est pas très vieille encore car inventée après 2000. Adieu romantisme. Pourtant le goût du fromage ne souffre pas de cette nouveauté. Elle est douce avec une saveur crémeuse et une croûte de couleur grise comme l’ardoise. Avant de partir nous caressons les vaches et les remercions de brouter avec envie dans les prés immenses où en profondeur se mélangent l’odeur des ardoises et le goût de la terre.

En partant du Camping Lallé le voyage dans ce pays magnifique dure une heure. Les visiteurs sont les bienvenus à la ferme dans les mois juillet/août . Nous partageons cette information avec plaisir. Il est merveilleux d’apprendre comment la Corrèze a grandi par de nouvelles initiatives et l’envie d’accueillir les touristes curieux de la nature, histoire et tradition.

La vie est belle en Corrèze !